Évaluation des associations Robustes entre Mécanismes de la Gouvernance Participative dans la Gestion des Ressources Naturelles en RDC, Rwanda et Burundi : Défis de la Dévolution, de la Redevabilité et de la Capture des Élites

Résumé :

Cet article propose une évaluation des relations conditionnelles entre la qualité institutionnelle de la décentralisation et la conflictualité liée aux ressources naturelles (RN) dans les Grands Lacs africains (RDC, Rwanda, Burundi, 2005-2025). Nous construisons deux indices de qualité institutionnelle : l’Indice d’Autonomie et de Dévolution du Pouvoir (IADP) et l’Indice de Redevabilité et de Participation (IRP). En utilisant un modèle d’incidents (régression Binomiale Négative) à effets fixes avec erreurs-types corrigées pour l’autocorrélation spatiale et temporelle (Driscoll-Kraay) sur des données de panel au niveau district, nos résultats quantitatifs montrent que, contrairement aux attentes, la simple dévolution formelle (IADP) n’a qu’un effet marginal (non significatif) sur la réduction des incidents. En revanche, l’augmentation d’un point de l’IRP est associée à une réduction de 2,3% (p < 0.01) du nombre annuel d’incidents. Cependant, cet effet bénéfique est significativement affaibli (terme d’interaction positif à 0,0012) par la présence d’une forte Richesse Minérale (RM), confirmant le phénomène de Capture des Élites. Les données qualitatives tracées en RDC et au Burundi illustrent comment le déficit de redevabilité fiscale et la cooptation des élites neutralisent les bénéfices théoriques du transfert d’autorité. L’étude conclut que toute stratégie d’« environnemental peacebuilding » doit prioriser l’IRP avant l’IADP.